Orange amère


Jacques, patron de Villes en Vie, une agence d'urbanisme, reçoit un jour une invitation pour participer à un colloque en Grèce.

Et voilà que ressurgit du passé une histoire d'amour trouble et poignante, où l’ombre de la junte des colonels au pouvoir pèse sous la lumineuse magie des dieux helléniques.

Entre le Paris estudiantin des années 1970 et la vie algéroise au temps d’un singulier service militaire, c’est d’abord la découverte bouleversante de l’âme grecque qui va saisir Jacques au fil de ses rencontres. En brisant la chrysalide qui l’enfermait dans ses convictions, il voit apparaître certains fantômes qui n'auraient jamais dû être réveillés…

Roman passionné et passionnant sur une époque et un pays, cette Orange amère se déguste le cœur saisi et l’esprit aux aguets.

Edit : Libreditions, 2019
Amazon, Bookelis, Apple Books, FNAC/Kobo, Bookeenstore

4 commentaires:

MOREAU T a dit…

Lorsqu'on s'apprête à entrer dans un roman de Jean-Marie Mignon, on sait que l'on va devoir laisser derrière soi l'agitation chronique de notre quotidien.
Dans "Orange amère", le style plus simple rend le voyage dans les années 70 d'autant plus vivant : les histoires qui n'ont pas su trouver leur fin traversent le temps. Elles ramènent toujours ceux qui les ont portées dans leurs propres pas jusqu'au dénouement. Et au-delà du retour sur la terre grecque au temps des colonels, il y a cette civilisation que l'on redécouvre avec toujours autant de plaisir et d'émotion

Chantal Ranger a dit…

J'ai remarqué dans ce roman les femmes très visibles et même étincelantes dans la lumière grecque, transfigurées par le souvenir, mais toujours justes au sens musical du mot, quels que soient leur âge et leur place dans la vie du héros. Par ailleurs, Jacques est très proche du héros flaubertien accomplissant son éducation sentimentale : il rêve de faire advenir quelque chose qu'il ignore, et qu'il ne réalisera pas.
De Flaubert il y a aussi dans ce roman les troubles meurtriers d'une époque politique, pour Frédéric Moreau, la Commune assassinée, pour Jacques, la révolte des étudiants contre les colonels sanglants, et au milieu de ce temps troublé le héros qui continue sa route aveugle.

L'orange est amère : Jacques n'est pas grec ! Il le désire pourtant, il a tout fait pour le devenir ! Est-ce que son drame est là ? Peut-être.

Je reviens aux femmes, à Daphné dure et violente, séductrice peut-être malgré elle, à Maria la femme au cœur droit et douée pour le bonheur, à Fleur entièrement donnée aux élans de la vie et de la mort... à Yaya l'inflexible, à la douce sorcière de Santorin. Elles sont toutes debout devant Jacques qui accomplit des années après son devoir de mémoire, dont les cendres sont encore brûlantes.

nathalie columelli a dit…

Quel plaisir de lire (de dévorer) ce roman, Orange amère, qui nous invite dans le passé étudiant du personnage principal.
Après une première série de voyages "initiatiques" en Grèce (Athènes, Corfou et la Crète), sa nouvelle odyssée, impérieuse, irrésistible pour lui, 30 ans après, lui permet de trouver un sens à sa vie passée et future et donc, sa liberté d'être heureux grâce à des femmes qui avaient construit sa personnalité de jeune homme mais restaient des énigmes partielles qu'il finit enfin par résoudre, page après page et dont l'évocation des souvenirs formaient des histoires en suspens auxquelles il trouve la juste issue.
Merci beaucoup !

Lucia Guanaes a dit…

J'ai passé un très bon moment à rêver du bleu de la mer et du destin de ces femmes (plus au moins) fantasmatiques, et par la même occasion j'ai découvert cette période sombre de la Grèce dont je ne savais pratiquement rien. Cela a réveillé mes propres souvenirs d'adolescence de Brésilienne sous une dictature militaire. J'ai repensé une fois de plus à la question de l'amnésie collective et au dilemme "oublier" / "faire payer" : "oublier" pour que la vie reprenne un cours "normal" ou "faire payer" afin que les blessures puissent cicatriser ?
Voilà une question qui traverse l'histoire de chaque société mais aussi, je crois, celle de chaque personne. C'est dans ce sens qu'Orange amère m'a beaucoup intéressée, parce que l'histoire dépasse la fiction pour rejoindre les grandes questions de l'humanité.

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